• Nouvelles

    Nouvelles

  • Bonjour ! :D

    Alors... Sous la pression insistante de la tyrannie de mes deux maîtr... /SBAF/ Très chaleureuses amies, j'ai nommé Wolfy et Solly, je poste ce petit texte ! :D

    Il devait faire parti d'un de mes projets mais j'ai à présent abandonné celui-ci (ou, du moins, mis de côté pour une duré indéterminée)

    Donc voilà ! :D Les paroles en italique introduites dans le texte sont tirées de la chanson Comme des Frères de Kyo :3

    Bonne lecture !

     

    On était comme des frères
    Pas de sang mais pas de guerre

    Ils se retrouvèrent face à face. Son dernier coup, bien que rapide, avait manqué de peu la tête de son adversaire. Néanmoins, le souffle provoqué par la lame avait fait tomber la capuche de son ennemi. Maintenant, ils s’étaient immobilisés tous les deux, chacun pouvant, d’un seul mouvement, mettre fin à la vie de l’autre. C’est alors que ses yeux tombèrent sur le visage du jeune homme qui se tenait face à elle, calme et patient. De sa peau pâle perlaient quelques gouttes de sueur. Pourtant, il ne paraissait pas du tout essoufflé, contrairement à elle dont la respiration se faisait courte et saccadée.

    Entre nous toujours fiers
    D’être seuls sur Terre

    Ses cheveux bruns dont les mèches ondulaient gracieusement recouvraient son front. Enfant, il possédait une bouille ronde et mignonne. Malgré le temps qui s’était écoulé et qui avait transformé son visage en celui d’un jeune homme, elle le reconnut immédiatement. Et puis il y avait ses yeux. Ces yeux qu’elle reconnaitrait entre mille. Ces même yeux qu’elle possédait, elle aussi, dont l’iris jaune était bordée d’or.

    T’arrives-t-il de vibrer pour un autre que toi ?
    Et retenir ton souffle pour qu’il respire à ta place

    Le temps s’arrêta et ce moment lui parut durer une éternité. Il lui semblait que son corps était devenu pierre. Elle ne pouvait plus esquisser le moindre geste. Ses yeux, dont le regard ne pouvait se détacher de son visage, restaient figés. Elle n’entendait plus rien, ne sentait plus rien. Avec son corps, son âme s’était immobilisée, obsédée par une seule idée : il était sa moitié, sa raison de vivre, sa plus grande perte, celui avec qui elle partageait tout, sa joie, sa douleur, sa peine, sa colère, sa rage, sa peur, sa tristesse, ses soucis, ses rêves, son bonheur.

    Pour nous on parlait d’à jamais
    Pour toujours sans l’ombre d’un doute

    Elle avait passé toute son enfance à ses côtés. Ensemble, ils avaient traversé le pire moment de leur vie, dont elle pensait que seule elle en était réchappé. Elle pensait l’avoir perdu pour toujours. Mais il était là. Son frère. Son jumeau.

    Comment imaginer que l’on pouvait nous séparer

    Son cœur cessa de battre durant une fraction de seconde et une boule se forma au creux de son ventre. Sa tête se remplit de tous les sentiments qu’elle avait déjà ressentis mais aussi de nouveaux. Elle eût envie de crier, de pleurer, de sauter, de courir, de le frapper, de se défouler, de le serrer dans ses bras, de revivre tous ce qu’ils avaient vécus ensemble. Tout en elle sembla sur le point d’exploser. Elle eût l’impression de se transformer en une bombe à retardement qui pouvait exploser d’une seconde à l’autre. Mais rien ne se produit. Bien qu’elle ait fait appel à toute sa volonté, elle fût incapable de bouger, ne serait-ce que de cligner des yeux.

    Mais elle a de ses mains prit le plus cher
    De ce qu’il y a en nous en semant la guerre

    Alors qu’elle restait toujours immobile, elle entendit le tintement de la chaîne qui pendait à son cou, à laquelle ce qui lui était le plus cher était suspendu. Elle sentit le métal froid glissé sur sa peau blanche, le sifflement provoqué par la chute de l’objet, puis le bruit sourd causé par son atterrissage brutal au sol. Elle savait ce qui était tombé, c’était ce qui représentait tout pour elle. Elle réussit enfin à baisser la tête pour apercevoir le pendentif qui jonchait le sol. Il s’était ouvert suite à l’impact et révélait les deux photos qu’il renfermait sur ses deux battants. L’une représentait un petit garçon aux yeux d’or, aujourd’hui devenu un beau jeune homme qui se tenait devant la petite fille, qui avait grandie elle aussi, représentée sur la deuxième photo, au comble de la joie, encerclant de ses petits bras le cou du jeune garçon. Une larme coula à la vue des photos qu’elle n’avait plus regardées depuis une éternité.

    Elle règne en semant la guerre
    Elle règne à l'ombre du soleil
    Elle règne en semant la guerre
    Elle règne

    Lorsqu’elle en détacha le regard, il tomba immédiatement sur la lame qui s’enfonçait maintenant dans sa poitrine. Elle n’avait rien senti et ne sentait rien. Elle écarquilla les yeux et remonta le fil de l’arme jusqu’à tomber sur la main qui la tenait, puis sur le visage de son propriétaire.

    - Jon…

    La douleur atteint finalement son cerveau. Une douleur fulgurante qui lui transperça le crâne. Tout son corps fût vidé des dernières ressources qu’elle possédait. Il retira son arme d’un coup sec. Un flot de sang gicla de la plaie et elle tomba en arrière.

    Le poison dans nos veines
    Finira par nous tuer

    Son corps produit un bruit mat lorsqu’il atterrit au sol. Du sang emplit ses poumons, remonta jusque dans sa bouche et elle fût obligée de le recracher pour ne pas s’étouffer. Incapable de prononcer un mot ou de faire le moindre geste, elle resta clouée au sol. Elle ne sentait plus rien, seulement le goût métallique de son sang qui continuait à envahir ses poumons et sa bouche. Elle arrivait de moins en moins à s’approvisionner en air. L’oxygène se faisait rare. Ses yeux se voilèrent et elle commença à partir. Elle repensa à celui qui causera sûrement sa mort. La seule personne qu’elle pouvait aimer et haïr en même temps. La seule personne avec qui elle pouvait tout partager. La seule personne qu’elle comprenait et qui la comprenait mieux que quiconque ne pourrait les comprendre.

    Je voudrais qu’on abrège
    Et puis qu’on se retrouve

    A ces pensées, un nouveau souffle de vie l’anima. Elle rouvrit les yeux et se redressa non sans difficultés. Sous la douleur, elle plissa les yeux pour mieux voir ce qui l’entourait et celui qui se dressait devant elle. Elle saisit son colt qui était tombé juste à côté d’elle mais ne tira pas. Elle ne pouvait pas. Elle se releva en s’appuyant à la rambarde et le regarda, pressant sa main sur la blessure pour tenter de ralentir l’hémorragie. Mais le sang continuait de couler abondamment. Une faiblesse dans les jambes se fit sentir et elle se rattrapa à la barrière. Tout son corps se reposait sur ce maigre élément pour essayer de rester encore debout face à l’adversité. Elle l’avait retrouvé, pas question de mourir maintenant.

    Elle règne en semant la guerre
    Elle règne à l'ombre du soleil
    Elle règne en semant la guerre
    Elle règne

    Elle tenta de reprendre consistance sans résultat. Le jeune homme s’approcha d’elle et leva son arme pour lui donner le coup de grâce. Il n’avait pas dit un mot de tout leur combat. Elle aurait tout donné, à ce moment-là, pour entendre le son de sa voix. Pour entendre à quel point elle avait changé, pour se rendre compte comme il avait grandi, ce qu’il était devenu. L’entendre une dernière fois. Mais elle ne put amasser assez d’énergie pour produire un seul son. Alors, elle plongea une dernière fois son regard dans le sien. Sa vue se brouilla et elle ne distingua bientôt plus ses yeux, son visage, puis son corps. Les couleurs se mélangèrent, ses oreilles sifflèrent et elle s’effondra.

    Je reste à terre à L'ombre du soleil
    Vient me libérer de mon sommeil
    Je suis à ta Merci,

    Je reste à terre à L'ombre du soleil
    Vient me libérer de mon sommeil
    Je suis à ta Merci…


    votre commentaire
  • Voici un petit texte écrit à l'occasion d'un défi organisé sur un forum (Draw) contre Sebast20 ^^ (son blog est dans la rubrique Liens :3)

     

    Notre thème était la transformation : nous devions décrire une transformation en l'introduisant dans un récit (je crois x)

    Les votes étaient serrés et son texte super mais il me semble que je l'ai emporté d'une voix :P

    Sans plus attendre, le voici ^^

    Bonne lecture :D

     

    Abyss a toujours été agressive et hostile envers les autres. Beaucoup la craigne. En même temps, sa vie n’a pas été un long fleuve tranquille. Orpheline, elle a vécu dans les rues les plus sales et désaffectées de Londres. Volant pour survivre, jeûnant les jours de mauvaise fortune, ne se lavant que quelques fois, globalement, dans une rivière en périphérie de la ville, gelant sous la seule et fine couverture qu’elle possède, en hiver, au fin fond de la vieille cave où elle habite.

    Orpheline, oui. Son prénom ? Elle a toujours eu la conviction qu’elle s’appelait comme ça. Ses parents l’ont vraisemblablement abandonnée à cause de ses yeux. Rouges comme le sang, ils brillent d’intelligence mais aussi de férocité, de froideur et... d’animosité. Les yeux du démon, comme tout le monde dit.

    - Petite garce ! Reviens ici !

    Le boulanger brandit le poing. La robe noire usée et trop grande de la jeune fille claque. Ses pieds sales et menus semblent à peine effleurer le sol. Ses cheveux coupés irrégulièrement aux épaules se soulèvent à chaque pas rapide. Quelques longues mèches volent derrière elle. Ses bras trop maigres serrent une miche de pain contre sa poitrine, son petit corps bousculant les gens surpris, nobles ou pauvres, sur son passage. L’homme la suit en courant jusqu’à ce qu’il la perde de vue dans la foule.

    Elle traverse plusieurs ruelles pavées de plus en plus désertes pour arriver dans un cul de sac où elle pousse un caisson en bois qui découvre une petite ouverture. Elle s’y engouffre sans perdre un instant. Pendant quelques minutes, elle rampe dans le boyau étroit et arrive au-dessus d’une petite grille, dans le tunnel, qui débouche sur une grande pièce pleine de poussière, aux objets cassés éparpillés sur le sol. La jeune fille enlève la grille et saute sur une grande table juste en-dessous. Pouvant encore atteindre le plafond, elle remet la grille en place et descend de la table. Elle ne se relâche qu’une fois assise en boule dans un coin de la salle. Abyss attend quelques instants, le temps de reprendre son souffle, puis dévore le pain qu’elle venait de voler. La fatigue l’envahit. Elle se couche, les genoux toujours repliés sur sa poitrine et ses yeux se ferment, peu à peu. Elle fait encore ce rêve bizarre qui revient toutes les nuits, à chaque fois qu’elle s’endort.

    Elle est enchaînée, dans le noir complet,  par une longue chaîne encrée dans le sol et rattachée à un épais collier de cuir pendant à son cou. Mais elle ne cherche pas à se débattre. Elle attend, assise en boule. Elle attend. Quoi ? Elle ne le sait pas elle-même, mais elle a le sentiment que c’est sa raison d’être. Qu’elle ne peut qu’attendre… pour l’instant.

    Ses yeux s’illuminent dans le noir. Et elle voit une main gantée, tendue vers elle, émerger des ténèbres. Une voix retentit :

    - Viens à moi, Abyss.  Et sers-moi pour toujours…

    Elle se lève et tend le bras pour saisir la main mais celle-ci se désagrège avant qu’elle ne puisse la toucher. Le sol se dérobe sous ses pieds nus. Elle tombe, mais reste figée, le regard fixe et la main toujours tendue.

    D’habitude, elle se réveille à ce moment-là. Mais, aujourd’hui, quelque chose change. La Voix s’élève une nouvelle fois dans l’ombre.

    - Tu es prête, maintenant. Reviens à moi…

    Et elle s’écrase sur un sol dur et froid. Son bras tendu retombe mollement dans une flaque de sang s’étendant de plus en plus. Son regard écarlate se vide de toute vie…

    Elle se réveille en sursaut. Encore effrayée, elle s’assoit et appuie son visage sur sa main. Celle qu’elle tendait, dans son rêve. Elle transpire à grosse goutte. Sa robe est trempée. Des picotements lui parcourent alors tout le corps tandis qu’elle est secouée de violents spasmes.

    Devant son visage, sa main se grise. Elle la retire précipitamment, les yeux écarquillés par la terreur. Petit à petit, son bras change de couleur pour devenir gris argent. Elle se lève brusquement pour regarder ses jambes. Le même changement s’opère.

    Une douleur fulgurante éclate dans sa mâchoire. Elle plaque ses doigts cendrés sur sa bouche. Dedans, ses dents deviennent plus pointues, s’affinent et s’aiguisent. Le mal passé, elle tâte ses canines, maintenant devenues coupantes comme des rasoirs.

    Un bourdonnement retentit dans son crâne. Ses oreilles sifflent. Elle hurle en plaquant ses mains de chaque côté de sa tête et tombe à genou. Mais elle ne s’évanouit pas. Elle sent ses oreilles se tasser pour disparaître sous une couche de peau recouverte de cheveux. Pendant un instant, elle n’entend plus rien. Même pas son propre cri. La forme de son crâne change. Des os poussent sur le haut de sa tête. De nouvelles oreilles félines apparaissent entre ses cheveux. La douleur cesse encore une fois mais apparaît autre part.

    Le bas de son dos se déforme. Des os, des muscles et des articulations poussent pour former une queue de chat. La jeune fille serre les dents pour ne pas crier encore. Mais elle ne se retient plus lorsqu'une lame plus aiguisée que ses canines perce le bout de la queue. La plaie se referme sur le métal pour ne plus laisser aucune marque, pas même une cicatrice.

    Mais les élancements se font bientôt ressentir dans ses omoplates. Elles se déforment aussi, des articulations et des muscles poussant peu à peu. Insoutenable. La jeune fille tombe de tout son long. De la peau enveloppe la chair puis, des plumes noires la recouvrent. Deux immenses ailes couleur de nuit, soyeuses et douces, s’élèvent maintenant, majestueuses, dans le dos d’Abyss. Épuisée et affaiblie par la douleur, elle s’évanouit.

    Plus tard, qui ne doit pas être si tard que ça, elle est réveillée par d’autres spasmes. Elle ne peut plus bouger ses jambes dont les os se déforment. La douleur n’est pas moins forte que les premières transformations. Ses ongles deviennent des griffes acérées et ses jambes, des pattes puissantes.

    Puis, c’est au tour des bras. Les élancements les plus perçants qu’elle n’ait jamais ressentis. Ses mains et ses avant-bras se rétractent jusqu’au coude. Abyss hurle tout ce qu’elle peut, comme pour faire sortir cette douleur insupportable. Le bout de ses bras se fend en deux lames doubles recourbées plus aiguisées qu’aiguisées. Identiques, elles étaient toutes deux percées d’un arc de cercle de la taille d’une gorge sur la lame inférieure.

    Alors que les dernières douleurs cessent, elle reste tout de même sur le sol froid, essayant de reprendre son souffle et son calme.

    Lorsqu’elle se sent mieux, elle se lève difficilement, ne contrôlant pas encore très bien ses nouvelles jambes. Elle s’appuie sur ses bras de métal. La plaie d’où sont sorties les lames s’est refermée. Elle titube. Quelque chose tinte à son cou. C’est un collier en cuir noir, très épais, qui pend à sa gorge. Celui qu’elle avait, dans ses rêves. Elle se rend alors compte que le son du collier retentit plus clairement dans sa tête qu’il ne l’aurait fait alors qu’elle était encore humaine.

    Elle n’est plus humaine. Qu’est-elle, alors ?

    Un grand miroir fissuré tient encore debout au fond de la salle. Elle s’en approche en vacillant. Son souffle est encore court sous la douleur passée. Ses yeux fatigués aperçoivent alors ce qu'elle est maintenant : elle ne peut pas donner de mot à sa nouvelle forme. Un être mi-homme mi- bête mêlé d’armes. Quelque chose de très étrange mais fascinant à la fois.

    D’abord craintive, elle approche prudemment du miroir pour le toucher du bout de sa lame gauche. Rien ne se produit. Elle avance un peu plus et se redresse pour observer tout son corps.

    Elle voit en premier les armes luisantes de ses bras et une troisième se balançant derrière elle. La jeune fille se contorsionne pour observer sa queue féline terminée par une lame assez semblable à celles de ses bras. Des plumes sombres se balancent devant. Elle lève un peu les yeux pour tomber sur deux grandes ailes magnifiques tombant jusqu’au sol. Elle actionne ses nouveaux muscles et les deux membres volatiles s’étendent alors sur toute leur envergure faisant bien 3 ou 4 mètres, puis retombent doucement. Sur leur passage, les plumes effleurent ses jambes. Ou plutôt ses pattes. Des pattes arrière canines, élancées et puissantes. Elles sont recouvertes jusqu’aux hanches de poils noirs et soyeux. Son regard remonte jusqu’à son torse. Sa poitrine est ceinte d’une bande de fourrure noire. Puis, elle aperçoit ses oreilles. Elles ne sont plus de chaque côté de sa tête mais se dressent sur le haut de son crâne. Des oreilles de lynx. Noires. Seul son visage n’a pas changé du tout. Mais elle a l’impression d’avoir une vue plus perçante, maintenant. Les vibrations des petites bêtes dans la cave parviennent jusqu’à elle. Abyss les sent comme si elle bougeait elle-même.

    Elle se contemple encore quelques instants, impressionnée. Elle ne pense plus à la douleur ressentie juste avant. Juste ce qu’elle voit l’importe.

    Elle se sent libérée. Libérée d’un poids qui la tenait rattachée à ce monde pourri. Maintenant, elle a le sentiment de pouvoir tous faire. Réaliser ce qu’elle n’a pas pu jusqu’à maintenant. Au début, elle était effrayée et surprise. Mais, maintenant, elle est plutôt contente de ce qui lui arrive. Elle est spéciale. Les autres n’ont pas ce pouvoir. Elle pense aux vengeances qu’elle pourrait effectuer sur tous ceux qui l’ont méprisée, rejetée.

    Sans s’en apercevoir, ses yeux se posent sur le collier à son cou.

    Non… Elle ne peut pas. Pas maintenant. Ils n’ont qu’à crever dans ce monde condamné, ça suffira. Pour l’instant, elle veut Le retrouver. Lui. Celui qui l’appelait dans ses rêves. Elle ne sait pas qui Il est, mais elle doit Le retrouver.

    Elle lève la tête vers le plafond fissuré, actionne ses ailes, s’élance brusquement vers le haut et donne un grand coup dans la fissure avec sa lame droite. Elle perce la pierre et débouche sur une autre pièce, déserte, éclairée par la lumière du soleil filtrant par les fenêtres. Ses pupilles se sont rétractées pour échapper aux rayons. Elle brise un carreau et s’envole vers le ciel.

    En plus de ses 5 sens sa perception des choses avait changé, aussi. Elle saisissait maintenant les présences vivantes beaucoup mieux et de plus loin.

    Quelques mètres plus bas, la jeune fille distingue une présence différente des autres. Elle effectue un atterrissage en piquée parfaitement contrôlée, comme si elle l’avait toujours fait et se pose en douceur dans une clairière. Elle ne perçoit plus rien.

    Fatiguée par ce qu’elle venait de vivre et sa nuit agitée, elle grimpe dans un des arbres de la clairière et s’assit, le dos au tronc, sur la plus haute des branches possible. Au début, elle n’avait l’intention que de se reposer, terrifiée à l’idée de refaire son dernier rêve, mais, bientôt, elle tombe dans les bras de Morphée sans pouvoir se rattraper.

    Elle en fait bien un, de rêve, mais il est encore différent.

    Elle est toujours enchaînée. Elle n’est plus humaine. Elle attend. Un peu. Puis, la chaîne se brise. Mais le collier est encore bien attaché à sa gorge. Néanmoins, Abyss se lève et bat des ailes. Elle décolle, la tête tournée vers les ténèbres d’en haut.

    - C’est ça, Abyss. Reviens vers moi… et sers-moi… pour l’éternité !

    Elle se réveille brusquement, en sueurs. Elle essaie de reprendre son souffle, recroquevillée sur elle-même. Puis, ses yeux écarquillés de terreur se relâchent et elle ferme les yeux doucement pour remettre de l’ordre dans sa tête.

    Ce n’était qu’un rêve. Ce n’était qu’un rêve. Ce n’était qu’un rêve. Je suis libre, désormais. Plus personne ne me dictera ce que je dois faire. Totalement libre. Libre de faire ce que je veux. Je ne dépendrai plus jamais de quelqu’un. Plus jamais de ces marchands et nobles hypocrites que je volais, avant. Oui, totalement libre.

    Elle redescend de l’arbre, calmée et déterminée. Elle veut juste Le retrouver. Lui demander des explications. Ensuite, elle partira faire sa nouvelle vie dans les montagnes où elle a toujours rêvé d’aller.

    Elle s’envole. Plus loin, elle ressent la même présence qu’au-dessus de la clairière. Elle provient d’un vieux manoir, très élégant, mais un peu sinistre. Il pleut. Elle fait quelques cercles au-dessus de la vieille demeure, puis se pose devant l’entrée. Elle n’a pas peur.

    Elle pousse l’immense porte finement sculptée pour déboucher sur un immense hall d’où partent plusieurs couloirs au rez-de-chaussée. Au fond, un grand escalier central se sépare en deux autres escaliers plus petits partant à droite et à gauche et menant à une mezzanine au premier étage.

    Il n’y a aucune lumière. Seuls les éclairs illuminent quelques fois la vaste entrée. Elle avance prudemment jusqu’au centre de la pièce.

    - Te voilà enfin, Abyss.

    Elle sursaute. Un homme tenant un chandelier commence à descendre l’escalier. Elle recule, sur ses gardes.

    Il est grand, la vingtaine, habillé très élégamment, comme les nobles de l’époque, tout en noir. Seuls ses gants sont immaculés. Comme dans ses rêves. Son visage fin et sans imperfections sourit comme soulagé d’un grand poids. Ses cheveux coupés juste en dessous des épaules sont blonds platines aux reflets d’or. Ses yeux verts semblent faits d’émeraude. Ou plutôt, au moins un. L’autre est caché par un pansement tenu par 4 fils attachés derrière sa tête.

    Subjuguée, Abyss relâche son attention. Elle est tellement impressionnée qu’elle ne voit pas l’homme s’approcher d’elle de plus en plus près. Lorsqu’il est à moins d’un mètre, elle se rend compte de sa proximité et, voulant reculer, tombe en arrière.

    - Allons, n’aie pas peur. Je ne te ferai aucun mal. Je te le promets. Je te traiterai mieux que n’importe qui l’a fait pour toi auparavant.

    Étonnée par cette déclaration, elle écarquille les yeux. Cette voix est bien la même que celle de ses rêves.

    - Co… comment ça vous me « traiterez » ? Je… je veux juste des explications ! Pas rester avec vous !

    Son sourire disparaît pour laisser place à l’étonnement.

    - Tu ne « veux pas » rester avec moi ? Des « explications » ?

    - Oui, des explications ! Pourquoi hantez-vous tous mes rêves ? Quels liens ai-je avec vous ?

    Il rit.

    - Ahahahaha ! Quels liens ? Mais c’est une relation maître-serviteur, bien sûr ! Comme je te l’ai dit dans tes rêves. Tu n’as pas le choix. Tu dois me servir.

    Maintenant, il sourit chaleureusement, comme un père le ferait pour sa fille.

    Alors qu’il prononçait cette dernière phrase, la jeune fille prend conscience de sa destinée. Oui, elle est destinée à le servir. C’est sa seule raison de vivre.

    Détrompez-vous, il ne lui a jeté aucun sort, il n’a aucune emprise sur les êtres vivants. C’est juste la vérité.

    - Oui, maître.

    Elle s’agenouille devant lui.

    - Bien. Très bien, Abyss. Tu es prête, à présent. Le pacte est scellé. Tu es maintenant mon serviteur légitime. Le serviteur de Haziel le Déchu…


    votre commentaire
  • Voici un petit texte réalisé à l'occasion d'un concours qui s'est soldé par un échec total suite à une seule participation (non, pas la mienne, je n'ai pas pu rendre mon texte à temps)

    Mais je l'ai tout de même terminé du mieux que je pouvais parce qu'il me tenait à coeur ♥

    On devait décrire un combat entre frère(s) et/ou soeur(s) et en racontant dans quels circonstances ils en étaient arrivés là

    PS: Le titre n'est pas génial mais j'avais pas d'autres idées x)

    Bonne lecture! :D

     

                - Vlad, tu iras l’exécuter demain, à l’aube.
       Lorsque le jeune garçon entendit les paroles de son père, il ne releva pas la tête et resta accroupi, en signe de respect. Mais, quelque part, dans son cœur, quelque chose éclata en mille morceaux.
       Vlad était un jeune homme fort, intelligent, stratège, sérieux, compréhensif, prêt à tout pour son peuple. Il avait tout du prince rêvé. Un homme parfait, qu’on dirait. Et puis, il était beau garçon. Un visage fin, des yeux couleur d’améthyste, des cheveux noirs corbeau, un corps musclé. Un beau ténébreux, quoi.
       Il atteignait ses dix-huit ans. Comme le veut la tradition, il devait réaliser un exploit pour se faire reconnaître en tant qu’adulte. Et c’est son père qui avait choisi son épreuve. Mais quelle épreuve !
               - Bien, Père.
       Il se releva et s’inclina une dernière fois devant le monarque avant de sortir de la salle d’un pas calme mais pressant.
       Son père était un grand roi, sage qui dirigeait leur peuple d’une main de fer tout en se faisant aimé et respecté… Pour la plupart. Vlad avait beaucoup de respect et d’admiration pour lui. Mais pourquoi lui infligeait-il ça ?

       Il parvint à la hauteur d’une petite porte en bois très simple, mais bien entretenue. Il l’ouvrit et dut baisser la tête pour passer l’ouverture et arriver dans un petit hall joliment décoré. Sur la gauche, une seconde porte menait aux appartements d’une servante. En face, une ouverture recouverte d’un fin rideau translucide laissait entrevoir une chambre spacieuse d’où sortait une douce mélodie.
       Vlad écarta le tissu soyeux pour observer la jeune fille assise devant un magnifique piano à queue. Les yeux fermés, ses doigts longs et fins couraient, sautaient, dansaient sur le clavier. Il l’écouta, ses yeux tristes contemplant le spectacle. La jeune fille arrivait au terme de ses quinze ans. Ses longs cheveux de neige étaient soigneusement entretenus par sa servante attitrée, Ilona. Sa peau très claire ne laissait voir aucune imperfection. Elle ne portait qu’une légère robe immaculée. Un ruban d’un bleu de glace enserrait sa taille et se nouait dans son dos en deux grosses boucles soyeuses. Ses petits pieds nus enfonçaient les pédales de l’imposant instrument en parfaite harmonie avec ses mains.
       Elle appuya sur les dernières touches avec une infinie douceur. C’est à ce moment-là que Vlad choisit de s’annoncer.
                - Kira…
       La jeune albinos suspendit ses doigts et releva la tête, ouvrant ses yeux. Des yeux aveugles. Dépourvus de pupilles, ils ressemblaient à deux perles étincelantes d’un blanc translucide. Reconnaissant immédiatement la voix du jeune homme, un sourire éclaira le beau visage de la jeune fille. Elle se leva.
               - Grand frère !
       Evitant tous les obstacles de sa chambre qu’elle connaissait par cœur pour y avoir passé toute sa vie, elle se précipita dans ses bras. Il la serra fort contre lui et essaya tant bien que mal de retenir ses larmes. Peine perdue. L’une d’elle s’écrasa sur la petite tête de Kira. Elle releva les yeux vers lui, ne voyant pas son visage triste, mais ressentant sa détresse au plus profond de lui.
               - Tu pleures ?
       Elle posa une main délicate et douce sur la joue mouillée du jeune homme.
                - Pourquoi ?
       La peine s’inséra dans son cœur. Vlad regarda son fin visage interrogateur. Il devait faire un choix. Un choix trop difficile pour lui bien qu’il soit un prince de dix-huit ans. Mais ce ne sera pas pour tout de suite. Déterminé, il passa la main sur ses yeux encore embués.
                - Ce n’est rien, dit-il en s’efforçant de sourire.
                - Tu en es sur ?
                - Certain. Que veux-tu faire, aujourd’hui ?
       Kira ressentais toujours sa tristesse qui n’avait pas faiblit mais elle ne dit rien et s’exclama plutôt :
               - Allons aux jardins !
       Le jeune prince prit alors la main de sa sœur et l’entraîna dehors.

        Durant l’après-midi, il oublia l’ordre de son père. Mais quand vint le soir, il ne put s’empêcher d’y repenser. Abattu, il raccompagna Kira à sa chambre en essayant de cacher sa douleur et la confia à sa suivante. Puis, il erra dans les couloirs du château, sans ni savoir où il allait, ni pourquoi. Finalement, il finit par arriver devant la porte de ses appartements. Il faisait nuit depuis un bon moment déjà. Il n’avait pas mangé mais il n’en avait aucune envie.
       Il contemplait cette porte. Cette porte qui donnait sur la chambre que son père lui avait attribuée, au temps où il était heureux et insouciant, sans problèmes. Il hésita puis repartit. Mais, cette fois, il savait pertinemment où il allait. Ses pas prirent la direction du Temple.
       Le jeune prince sortit sous l’encre noire de la nuit tâchée par la lune. Un petit air frais soufflait doucement mais il n’y prit aucun plaisir et ne remarqua pas le charme sombre de la nuit. Son esprit était ailleurs.
       Enfin, il parvint jusqu’à l’entrée du Temple. C’était un style d’architecture dérivé des grecques finement sculpté et ouvragé. La totalité du bâtiment était en marbre. La grande entrée se présentait sous forme d’arc pointu, sans portes, s’élevant jusqu’à bien quatre mètres de haut. Il n’y avait pas de murs. Ce n’était qu’une série de hautes colonnes qui s’étendaient sur des dizaines de mètres. Il entra, ne se préoccupant en aucun cas des deux gardes postés devant le Temple.
       A l’intérieur, un long couloir entre les colonnes menait jusqu’à un cercle formé par les neuf statues des dieux de la Création. Toutes les sculptures étaient faites de bronze et d’ivoire. Les meilleurs artistes du pays y avaient travaillé avec tout leur talent. Vlad marcha jusqu’à se retrouver au centre de leurs regards, se tourna vers la déesse de la protection et de la sagesse, Sciel, et s’agenouilla devant elle pour prier.
       Il resta ainsi prosterné durant toute la nuit et pria, pria, pria…
               - Maître, réveillez-vous !
       Un garde secouait le jeune prince qui avait fini par s’écrouler sur le sol du Temple, épuisé et accablé.
               - Maître, il est temps.
       Vlad le regarda avec une lueur de rage dans le regard qui fit redresser le soldat au garde-à-vous. Inutile de le lui rappeler, il le savait parfaitement ! Pourquoi était-il ici, à son avis ?
       Il se releva encore un peu engourdi et se dirigea vers la sortie sans un coup d’œil pour l’homme apeuré, d’un pas pressant. L’aube pointait à l’horizon. Il continua jusqu’à une des entrées du palais et traversa les couloirs sans ralentir l’allure. Lorsqu’il passait devant des gardes, ceux-ci le suivait, sachant ce qui allait arriver et ce qu’ils devaient faire. D’autres rejoignaient le cortège, au fur et à mesure.
       Puis, ils arrivèrent jusqu’à la petite porte donnant sur la suite de la servante et de la jeune princesse indésirée. Vlad entra brutalement dans la chambre de sa sœur, suivi des soldats qui s’engouffraient jusqu’à ce que toute la pièce fut pratiquement remplie.
       Kira était à son piano. Elle releva la tête et fixa les intrus de ses yeux vides. Puis, elle reconnut l’essence de son frère.
               - Vlad ? Que fais-tu ici avec tous ces gens ?
               - Je suis ici pour t’exécuter. C’est un ordre de Père.
       La jeune fille se leva.
               - Qu’est-ce que tu racontes ? Je suis ta sœur, je suis sa fille !
               - Je ne t’ai jamais considéré comme ma sœur !! Si j’ai été si gentil avec toi, toutes ces années, c’est parce que Père me l’a demandé. TU N’ES RIEN POUR MOI ! hurla-t-il.
       Et il s’élança sur elle. Kira tomba à genou et prit sa tête dans ses mains.
               - AAAAAAAH !
       Alors que le jeune homme s’apprêtait à abaisser son épée, l’air se compacta derrière Kira comme s’il se liquéfiait et plusieurs chaînes en jaillit. Elles se projetèrent vers l’attroupement derrière le prince et transpercèrent les soldats, comme si elles étaient animées par une volonté propre. Le sang gicla sur Vlad qui avait stoppé son élan mais qui ne comprenait pas ce qu’il se passait. Il se retourna et vit le spectacle macabre qui se déroulait dans la chambre. Un petit rire cristallin se fit entendre dans son dos. Sa sœur était secouée par un rire froid et cruel. Elle se leva puis rejeta brusquement la tête en arrière. Son visage et ses cheveux blancs étaient maculés de sang. Elle éclata d’un rire effrayant et s’élança en tourbillonnant, les bras levés vers le ciel, dans le massacre.
               - AHAHAHAHAHA !
       La jeune fille tourna la tête vers son frère qui la regardait, terrorisé.
               - Regarde, Vlad ! N’est-ce pas un spectacle magnifique ?
       Il ne répondit pas. Ses yeux emplis de terreur ne pouvaient se détacher de la scène. Des larmes perlèrent au coin de ses yeux.
               - Arrête…
               - Qu’est-ce que tu dis ?
               - ARRÊTE !
       Il s’élança de nouveau dans la direction de la jeune fille mais une des chaînes lui barra le chemin et la pointe de son épée se logea dans un des maillons.
               - Tu n’aimes pas ? C’est pourtant tellement beau.
               - Qui es-tu ?!
               - Mais ta sœur, voyons, répondit-elle en souriant.
               - Ma sœur n’est pas comme ça. Elle ne l’a jamais été !
               - Ah oui ? Et qui te dis que ce n’est pas moi qui t’aie roulé dans la farine.
       Il se tut. Elle se serait jouée de lui ? C’était impossible ! Pourtant, une partie de lui ne pouvait s’empêcher de penser le contraire. Sinon, quoi d’autre pouvait expliquer son comportement ?
               - Ce… C’est impossible !
               - Ah oui ? Et pourquoi ça, je te prie ? Demanda-t-elle en s’approchant de lui.
       Il serra les dents. La jeune fille releva son menton vers elle.
               - Alors ? J’attends. C’est parce que je suis trop jeune ? Trop faible ? Ou parce que je suis aveugle et albinos ? Cracha-t-elle en insistant sur les trois derniers mots.
       Vlad crut qu’on lui transperçait littéralement le cœur. L’entendre dire ces mots avec tant d’appréhension le bouleversa, elle pour qui son handicap ne lui avait jamais posé problème. Elle s’était toujours moquée du regard des autres.
               - Non… Je…
               - C’est pour cela que père a ordonné mon exécution. Et il a confié cette tâche à son cher fils adoré…
               - ÇA SUFFIT !
       Des larmes amères roulaient sur les joues du jeune homme. L’albinos ouvrit des yeux surpris. Puis, elle sourit. Un sourire plus chaleureux cette fois.
               - Eh bien tu ne te fiche pas tellement de moi, finalement.
       Les larmes s’arrêtèrent de couler mais la jeune fille reprit son rire dément.
               - TUE-MOI ! TUE-MOI SI TU L’OSES ! HAHAHAHAHA !
       Sur ces paroles, les chaînes s’animèrent de nouveau et se jetèrent sur le jeune homme dont l’épée venait d’être libérée.
               - Ou c’est moi qui te tuerai… finit la jeune fille.
       Il sauta en arrière et les chaînes s’écrasèrent juste à l’endroit où il était encore debout deux secondes plus tôt. S’ensuivit un combat féroce. Kira ne bougeait pas, ses chaînes la protégeant, alors que Vlad sautait, chargeait, courait d’un côté à un autre pour tenter de vaincre ces armes redoutables.
       C’est alors que les liens de fer foncèrent sur lui de tous côtés. Il effectua un mouvement circulaire avec son épée avant de sauter devant sa sœur. Il projeta son épée vers son ventre en pensant que ses armes le pareraient immédiatement et riposteraient. Il espérait lui faire comprendre qu’il ne plaisantait pas. Il voulait la convaincre. Pourtant, ce ne fut pas le cas et la lame s’enfonça dans le corps de la jeune fille, la transperçant de part en part. Un filet de sang coula de sa bouche dont les coins se relevèrent en un doux sourire. Ces sourires qu’elle lui faisait quand ils passaient de bons moments ensemble. Mais celui-ci restera le pire de tous.
       Pétrifié, il ne put rien faire. Ses yeux et son regard restaient fixés sur l’épée –son épée- dégoulinante du sang de sa sœur. La robe blanche de la jeune fille prenait une teinte rouge. Une teinte qu’il n’aurait jamais voulu voir. Pour rien au monde.
       Il lâcha l’arme et retira ses mains d’un mouvement brusque, comme si la température de la poignée avait grimpé d’un millier de degrés en un seconde. Les jambes de Kira s’affaissèrent sous elle et elle tomba sur le dos.
               - KIRAAAAAAAA !!
       Le prince se jeta à ses côtés. Les larmes roulaient sur ses joues, mêlées de rage, de douleur et de désespoir.
               - Huh… Vlad…
       Elle tourna son visage vers celui de son frère.
               - Ne… Ne parle pas, je t’en supplie. On… On va te guérir, sanglota-t-il.
               - Ah… C’est trop tard pour moi… Urgh… Tu le sais…
       Elle cracha encore un peu de sang.
               - Non… Non, tu ne mourras p…
               - Vlad…
       Le jeune homme se força finalement à regarder sa sœur. Sa vue était brouillée par le flot de larmes qui ne cessait de couler.
               - Merci d’avoir cru en moi.
       Il s’arrêta de sangloter de stupeur et ouvrit grand les yeux. Alors, elle sourit encore une fois. La dernière…
               - WAAAAAAAAAAAAH !!
       Son cri raisonna dans le château tout entier. Il contempla une dernière fois le visage de sa sœur, figé dans son sourire si doux et si chaud. Elle semblait dormir paisiblement. Il baissa la tête, trempa deux doigts dans le sang de sa sœur et dessina deux croix sur ses yeux clos. Désormais, il sera aveugle, comme elle. Il se releva et saisit fermement son épée.
       Ils allaient payer.


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique